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Anxiété et dépression : comment prédire l'efficacité du traitement ?

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 31/10/2006 - 00h00
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Un gène jouant un rôle dans la prédisposition génétique de l'anxiété et de la dépression a été identifié. Cette découverte pourrait déboucher sur un test génétique permettant de prédire l'efficacité des traitements.

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Prédisposition génétique à la dépression et à l'anxiété

Notre ADN code notamment pour un gène dénommé BDNF (facteur neurotrophique). Celui-ci produit une substance indispensable au cerveau, contribuant à la survie et au développement des neurones. Or on s'est apercu que chez certaines personnes, ce gène est un peu différent, il s'agit d'une variante. Et ces personnes ont la particularité d'avoir un hippocampe plus petit que la normale. L'hippocampe étant une région spécifique du cerveau impliquée dans la mémoire, ces sujets ont de moins bonnes performances dans certaines épreuves de mémorisation.

Des chercheurs ont eu l'idée de créer des souris transgéniques porteuses de cette variante du gène BDNF. Tout comme les hommes, ces animaux présentent un petit hippocampe et un déficit de la mémoire. Ils ont également un taux cérébral moindre de BDNF. Parallèlement, les animaux ont été soumis à des conditions de stress de type conflit. Comparativement à des souris normales, les transgéniques manifestent un comportement nettement plus anxieux.
Les auteurs en concluent que cette variante du gène BDNF pourrait conférer une prédisposition génétique à l'anxiété et à la dépression.

Prédiction de l'efficacité des antidépresseurs

Ce n'est pas tout, l'étude montre que la forme d'anxiété développée par les souris ne répond pas au traitement classique par antidépresseurs (les inhibiteurs de recapture de sérotonine).
La variante du gène BDNF pourrait donc expliquer pourquoi certaines personnes atteintes de dépression sont résistantes aux antidépresseurs classiques.

L'ensemble de ces données suggère que l'on pourrait mettre au point un test diagnostique décelant la variante du gène BDFN, afin d'identifier les personnes déprimées qui ne sont pas sensibles aux antidépresseurs classiques. Elles pourraient alors bénéficier directement d'un autre type de traitement.

On pourrait aussi imaginer le développement de traitements visant à augmenter la teneur cérébrale en BDNF, afin de contrer la dépression et l'anxiété.

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 31/10/2006 - 00h00 Chen et coll., Science, p140, 6 octobre 2006.
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