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Difficile de prendre l'avion après un examen radiologique avec isotopes radioactifs

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 09/08/2005 - 00h00
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Les personnes ayant passé un examen d'imagerie médicale utilisant des isotopes radioactifs, sont susceptibles de déclencher les alarmes des portiques des aéroports et ce, jusqu'à plus de 30 jours après l'examen. Selon les auteurs de cette conclusion, il faudrait avertir les patients.

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Partout dans le monde, les aéroports déploient des mesures visant à rendre leurs systèmes de détection des radiations plus sensibles. Or les personnes ayant passé un examen d'imagerie médicale avec injection d'isotopes radioactifs sont fortement susceptibles de déclencher les alarmes lors de leur passage au travers des portiques des aéroports. Et le risque peut perdurer plus d'une trentaine de jours après l'examen.Qu'est-ce qu'un isotope ? C'est un produit radioactif qui est injecté au cours d'un examen radiologique (Scanner, PET scan, TEP, etc.) afin d'augmenter les contrastes des images et de mieux voir les éventuelles lésions que l'on cherche.

Tous les radiologues connaissent cet effet secondaire inhérent à l'imagerie radio-isotopique. Selon les auteurs d'un article récemment publié, il serait temps d'en avertir systématiquement les patients. A titre d'exemple, ils citent l'histoire d'un pilote qui, l'année passée, s'est retrouvé interrogé pendant plusieurs jours par la sécurité de l'aéroport de Moscou après avoir déclenché le signal d'alarme des portiques. Il avait tout simplement subi un examen cardiologique avec injection de thallium, une molécule radioactive classiquement employée pour visualiser le cŒur. Le corps met environ trente jours pour éliminer ce produit. Le thallium n'est pas le seul isotope radioactif employé en imagerie médicale, susceptible de mettre en branle les alarmes aéroportuaires. Il en existe une dizaine, comme par exemple le technitium ou l'iode-131. L'examen cardiologique n'est pas non plus le seul examen employant de telles substances. Citons l'imagerie de la glande thyroïde, des os, ou encore du flux sanguin, sans oublier les traitements par radiothérapie.

Pour éviter de tels déboires dans les aéroports, les auteurs de cette publication suggèrent d'avertir systématiquement les patients après chaque examen isotopique et de leur fournir une carte indiquant l'isotope radioactif utilisé, la date et le lieu de l'examen, la durée de vie du produit injecté, la durée potentielle d'émission radioactive et les coordonnées des personnes pouvant attester de ces informations.

A savoir

Si les isotopes radioactifs injectés à une personne lors d'un examen peuvent déclencher les alarmes, ils ne présentent pas de risque pour le patient ou l'entourage.

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 09/08/2005 - 00h00 The Lancet, 2005, Underwood R. et collaborateurs.
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