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Erreurs médicales : entre compréhension et responsabilité

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 11/02/2003 - 00h00
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L'impression d'entendre de plus en plus parler d'erreurs médicales pourraient in fine induire dans la population de mauvais réflexes d'automédication ou de retardement dans les soins. D'un autre côté, les médecins voient aussi leur prime d'assurances augmenter de manière vertigineuse. Certains médecins se déclarent eux-mêmes non-assurables, d'autres pourraient aussi refuser de pratiquer certains actes essentiels mais jugés trop risqués.

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Il est vrai que selon une étude menée, en 1999-2000, par le Professeur Philippe Baele (Anesthésiste) des Cliniques Universitaires Saint-Luc (Bruxelles), 63% des médecins avouent avoir commis une erreur de manipulations et avoir prélevé un produit alors qu'ils devaient en prendre un autre. Heureusement, le plus souvent, le médecin s'en rend vite compte et peut corriger son erreur.

Médecins surchargés…

Cette étude a été menée dans des services d'urgences, d'anesthésie et de soins intensifs. Dans l'urgence, le risque d'erreur est évidemment bien plus important qu'à un autre moment. De plus, les médecins sont soumis, en plus du stress lié à la maladie dont souffre le patient qu'ils ont en face d'eux, au stress lié à l'organisation même de leur service. Beaucoup de médecins doivent prester de nombreuses heures sans bénéficier d'un repos suffisant. S'ajouterait à cela un problème de vision : 66% des médecins souffrent de la vue, comme beaucoup d'entre nous. De plus, il apparaît que l'étiquetage des flacons et tubes est trop ressemblant d'un médicament à l'autre. Il faut dire que les produits disponibles dans ces unités spéciales sont souvent livrés en grandes quantités et que les boîtes d'origine ne sont pas toujours présentes. Il faudrait pour réduire les risques d'erreurs : un étiquetage adéquat avec un lettrage et une couleur spécifiques.

… mais toujours responsables !

Par ailleurs, cela demande aussi une meilleure organisation de ces unités avec plus de personnel. Malheureusement, les prestataires de soins face à ces deux mesures sont totalement démunis, ce qui n'exclut pas leur responsabilité personnelle. Il faut dire aussi que grâce aux progrès de la médecine,

  • de plus en plus de patients se retrouvent dans de telles unités
  • le nombre de médicaments augmente
  • la sollicitation des patients auprès des services d'urgences augmente
Tous ces facteurs engendrent inévitablement un risque plus important d'erreurs. Enfin, n'oublions pas non plus que même si la médecine devient de plus en plus technique, faisant, de plus en plus souvent, appel aux " machines ", les médecins restent humains et que les erreurs fatales ou fortement invalidantes sont, somme toute, réduites par rapport au nombre de personnes recevant des soins.
Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 11/02/2003 - 00h00 www.lasante.be
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