PUBLICITÉ

Greffe de visage : aspects médicaux et éthiques

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 27/12/2005 - 00h00
-A +A

La toute récente greffe de visage a eu un éclat médiatique retentissant, amplifié par diverses polémiques. Pourquoi ? Quels étaient les obstacles médicaux ? Quels sont les problèmes éthiques ? Le point sur cette première mondiale.

PUB

Cette première greffe partielle de visage a été réalisée chez une patiente de 38 ans ayant été mordue par son chien. A la suite de cette intervention réussie et fortement médiatisée, certains ont accusé les chirurgiens d'avoir agi dans la précipitation. Toutefois, il semblerait que cette greffe ait bénéficié d'une convergence de circonstances favorables : une patiente victime d'un accident particulièrement mutilant, une équipe médicale compétente pour ce type d'intervention et un donneur aux caractéristiques immunologiques, anatomiques et esthétiques compatibles. Toutefois, quels qu'aient été les enjeux et les hésitations (risques de l'intervention / risques de ne rien tenter) pour les chirurgiens, la décision est revenue à la patiente. Il est également très clair que la nécessité de trouver une solution rapide avant l'aggravation des séquelles chez la patiente a contribué à accélérer la mise en Œuvre de l'intervention.D'un point de vue éthique, cette greffe ne semble pas poser de difficultés particulières. Elle a été réalisée par une équipe compétente, en l'absence d'alternative thérapeutique et après une information éclairée de la patiente. Le seul souci pourrait venir d'un rejet psychologique du greffon. Mais ce risque est le même quel que soit le type de greffe (prothèse, main, mammaire, rénale, etc.). L'acceptation dépend alors le plus souvent de l'intensité du désir de voir l'opération se réaliser, du vécu de l'intervention et de l'entourage. Avant de parler de progrès médical, il reste deux grandes étapes critiques à franchir. La première est la prise du greffon et la tolérance immunologique de celui-ci. Avec les traitements immunosuppresseurs hautement performants, la période la plus critique est de 3 à 4 semaines. La seconde est la cicatrisation tissulaire, qui comprend notamment la régénération nerveuse, et dont le succès n'est réellement connu qu'au bout d'un an environ.

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 27/12/2005 - 00h00 Le Quotidien du médecin, 13 décembre 2005.
Notez cet article
Vous devez être connecté à votre compte E-Santé afin de laisser un commentaire
PUBLICITÉ
A lire aussi
Greffer des organes congelés : c'est possible ! Mis à jour le 10/02/2002 - 00h00

Des essais sur le rat montrent qu'il est maintenant possible de greffer des organes ayant été congelés. L'application de cette technique à l'homme pourrait permettre de développer encore les transplantations d'organes.

Cancer et fertilité: la voie de la cryoconservation Publié le 16/04/2012 - 11h50

La chimiothérapie et la radiothérapie qui luttent contre les cancers s'accompagnent souvent d'une infertilité . Depuis plusieurs années, la cryoconservation de tissu ovarien est proposée en vue de réaliser ultérieurement une autogreffe permettant aux...

Vivre avec le visage d’un autre… Publié le 22/09/2015 - 09h18

Le 27 novembre 2005, à Amiens, la première greffe de visage (partielle) profitait à Isabelle Dinoire, défigurée par son chien. Depuis, une trentaine d’autres patients ont bénéficié de cette opération. Mais comment se déroule-t-elle ? Qui est candidat...

Plus d'articles