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Les mystères de la rotule

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 04/04/2006 - 00h00
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Les maux du genou sont fréquents chez les sportifs et, malheureusement, les différents tests médicaux ne permettent pas toujours de poser clairement le diagnostic.

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Très souvent, il arrive qu'un sportif se plaigne du genou sans que les images obtenues par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) ne révèlent quelque chose d'anormal. Dans un cas sur deux, on se trouve alors confronté à une pathologie connue des médecins du sport sous l'expression "rotule forcée". Le problème se situe au niveau du cartilage situé derrière la rotule. Lorsque la pression devient trop forte, il arrive qu'il se fissure comme de la porcelaine. Le cas le plus classique est celui de l'adulte entre 35 et 50 ans qui, pendant les vacances, part en randonnée pédestre alors qu'il n'a fait aucun effort pendant toute l'année. Le poids du sac et les longues descentes suffisent alors à ce qu'un genou (parfois les deux) se mette à souffrir. Contre cette lésion du cartilage, on ne dispose malheureusement d'aucun remède efficace. Certaines équipes ont essayé la visco-supplémentation avec le risque que l'injection d'un lubrifiant dans le genou ne supprime la douleur et ne pousse le sportif à s'abîmer davantage. Quant à la rééducation, elle montre ses limites. En général, on s'acharne à vouloir développer un muscle de la cuisse, le vaste interne, qui remet la rotule dans sa loge. Le problème, c'est que la plupart des personnes souffrant de cette pathologie ne présentent pas de subluxation ou de malformation qui nécessiterait d'être corrigée. On peut alors se forger des cuisses de mammouth, cela ne changera rien à la survenue des douleurs.

Maladie professionnelle aussi

Les grands sportifs ne sont pas à l'abri. Cette pathologie guette notamment ceux qui augmentent brutalement la charge d'entraînement avec des exercices à la presse mal exécutés. Les joueurs et les joueuses de tennis sont particulièrement menacés. Surtout sur terrain dur. Ce fut notamment le problème de Guy Forget à son époque et, plus récemment, d'Amélie Mauresmo. Face à une rotule forcée, on recommande classiquement le repos (entre 3 et 6 mois). Pour ne pas rester complètement inactif, on conseille d'étirer les chaînes postérieures du membre inférieur. Car le fait d'avoir des ischio-jambiers trop courts contribue à maintenir la jambe en flexion et donc à écraser encore plus le cartilage. Evitez la prise d'anti-inflammatoires pour surmonter la douleur et poursuivre l'activité vaille que vaille. Les petites lésions risquent alors de s'étendre au sein du cartilage qui finira par céder à la moindre sollicitation. On connaît ainsi "le syndrome du cinéma" où le simple fait de rester jambes pliées durant deux heures suffit à rouvrir la fissure et ruiner tous les progrès d'un lent processus de cicatrisation. Dans les cas les plus graves, on doit alors poser une orthèse pour empêcher la flexion de la jambe sur la cuisse. Pas marrant tout cela. Cette "rotule forcée" compte effectivement parmi les pathologies les plus désespérantes de toute la médecine sportive.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 04/04/2006 - 00h00 La rotule forcée par J. Rodineau. Amplitude n°4 septembre 2004
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