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Paralysés, un espoir de remarcher ?

Publié par Isabelle Eustache le 22/07/2003 - 00h00
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Un exploit vient d'être accompli : refaire marcher des souris paralysées. Ces travaux offrent l'espoir de retrouver une certaine autonomie aux personnes paraplégiques ou tétraplégiques à la suite d'un traumatisme.

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Il y a quelques années, espérer faire à nouveau marcher une personne confinée dans un fauteuil roulant relevait de la fiction. En effet, la régénération des cellules nerveuses (neurones) dans le cerveau ou la moelle épinière était considérée comme impossible. De plus, les tentatives visant à restaurer la locomotion en reconnectant les deux extrémités d'une moelle épinière lésées se sont toujours soldées par un échec.L'hypothèse des auteurs de cet exploit était la suivante : suite à une lésion, la régénération des neurones est bloquée par une cicatrice composée d'une accumulation de cellules gliales dénommée " astrocytes ". Ces dernières constituent un tissu de soutien du système nerveux, mais en cas de lésion, elles sécrètent deux protéines, la Vimentine et le GFAP, lesquelles forment une barrière cicatrisante empêchant la repousse neuronale. Pour démontrer la validité de cette hypothèse, ces chercheurs ont travaillé sur des souris dont les gènes codant pour l´une de ces substances avaient été inactivés. Ces souris, comme des souris témoins, ont ensuite subi une section de moelle ; seules, les souris dont les deux gènes concernés avaient été inactivés ont présenté une moindre réactivité de leurs astrocytes, permettant un bourgeonnement neuronal suffisant pour que des circuits s´établissent à nouveau avec pour conséquence une certaine récupération fonctionnelle.Reste maintenant à traduire cette découverte sur l'animal en stratégie thérapeutique applicable à l'homme. La première stratégie visée consiste à bloquer l'expression de la GFAP et de la Vimentine au moyen d'une nouvelle technique de thérapie génique. Les chercheurs se donnent 5 ans pour réaliser de nouveaux tests sur la souris, puis sur le singe et enfin sur l'homme. Chez ces derniers, cette thérapie génique capable de prévenir la cicatrisation gliale pourrait être réalisée sur des patients récemment accidentés dans un premier temps, avant de vérifier l'efficacité de ce processus sur des lésions anciennes.

Publié par Isabelle Eustache le 22/07/2003 - 00h00 Proceedings of national Academy of Science, 10 juillet 2003.
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