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Des pleurs de bébé aux troubles de la personnalité borderline

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 20/01/2004 - 00h00
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Les études sur la fibre parentale et l'instinct maternel pourraient permettre de mieux comprendre les troubles de la personnalité borderline.

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Des chercheurs de l'Université de Bâle en Suisse ont fait écouter à des adultes parents et à des adultes sans enfant des enregistrements de pleurs et de rires de bébés, tout en mesurant leur activité cérébrale par la technique de l'IRM (imagerie par résonance magnétique). Ils ont ainsi découvert que le cerveau des parents réagit davantage aux pleurs qu'aux rires. Les pleurs activent une zone du cerveau en particulier, l'amygdale cérébelleuse, qui est impliquée dans les processus émotionnels. Les larmes et les cris du nourrisson sont le signe pour les parents que quelque chose ne va pas, ce qui génère chez eux des émotions (inquiétude, peur, …), qui à leur tour éveillent la fibre parentale. Par contre, les adultes sans enfant réagissent davantage aux gazouillis des bébés.

Les hommes et les femmes réagissent aussi différemment aux sons émis par les enfants. Chez le rat, quand les femelles entendent les bruits émis par les jeunes, l'activité cérébrale diminue dans leur cortex préfrontal, qui se met à filtrer les sons non pertinents. Cela ne se produit pas chez les mâles. Il se peut que chez les femmes aussi les pleurs activent le filtre sonore du cortex préfrontal, ce qui les amène à interpréter les pleurs du bébé comme un signal d'alarme. Les impulsions électriques sont alors relayées dans d'autres zones du cerveau, déclenchant des émotions fortes, ainsi qu'un comportement de soins (allaitement, câlin, …).

Ces études pourraient permettre de mieux comprendre les troubles de la personnalité borderline, maladie caractérisée par une instabilité des relations interpersonnelles, de l'image de soi et des émotions, affectant, à des degrés divers, 2 % de la population. Il se pourrait que chez ces personnes les connexions cérébrales soient défectueuses entre le cortex préfrontal et l'amygdale cérébelleuse. Savoir comment ces zones réagissent normalement dans des situations sociales déterminées peut aider à découvrir ce qui ne va pas chez les personnes malades.

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 20/01/2004 - 00h00 Seifritz, E. et al. Differential sex-independent amygdala response to infant crying and laughing in parent versus nonparents. Biological Psychiatry, 54, 1367-1375, (2003).
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