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La réponse est dans l'os

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 02/05/2006 - 00h00
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A la suite d'une même fracture, certains sportifs récupèrent facilement tandis que d'autres gardent des séquelles et doivent arrêter leur carrière. Pourquoi? La réponse est dans l'os.

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Beaucoup d'idées recues courent sur les os. Le plus souvent, on les considère comme des pièces indéformables, à l'égal d'un bloc de béton armé, alors qu'ils sont, au contraire, dotés d'une certaine souplesse et capables grâce à cela de résister à des pressions énormes. De l'ordre de plusieurs tonnes! A l'inverse, une contrainte appliquée au mauvais moment et au mauvais endroit peut aussi les rompre comme une allumette. L'exemple le plus célèbre reste celui de la sprinteuse francaise Chantal Réga qui s'est cassé le fémur au démarrage d'un 100 mètres. Sans le moindre choc!

Cissé cisaillé

Voilà qui rappelle également les circonstances de l'accident dont fut victime le footballeur francais Djibril Cissé (Liverpool) lors d'un match disputé contre Blackburn en octobre 2004. A la suite d'une bousculade relativement anodine, Cissé sent brusquement sa jambe gauche se dérober et s'écroule en hurlant de douleur. Verdict: double fracture tibia-péroné! Il s'agit d'un traumatisme grave. Par le passé, beaucoup de joueurs ont dû mettre fin à leur carrière après un tel accident: les Anglais Brian Clough et Terry Venables, ou encore le Belge Luc Nilis. On se souvient aussi du Francais Laurent Leroy qui s'était fracturé le tibia de la jambe droite alors qu'il évoluait sous le maillot du PSG. Revenu sept mois plus tard à la compétition, son tibia s'était à nouveau brisé cinq semaines à peine après son retour. Heureusement pour Cissé, il a échappé à ces complications et repris la compétition sans séquelle après 5 mois seulement.

Concours de pronostics

Le pronostic de guérison dépend beaucoup du type de fracture. Il faut se souvenir, en effet, que l'os ne vit que grâce aux muscles qui l'entourent et aux petits vaisseaux nourriciers qui font la jonction. Contrairement à l'idée recue, la cicatrisation d'un os ne se fait pas à partir des berges de la fracture. Elle naît de cellules qui vont se transformer au sein de l'hématome lié à la fracture. Voilà qui explique que deux fractures du tibia parfaitement similaires à la radiographie ne présenteront pas nécessairement le même pronostic. Tout dépend de l'état des tissus alentours. Et aussi beaucoup du traitement. L'immobilité doit être la plus complète possible. Chaque micro mouvement cisaille les capillaires nourriciers et stoppe la cicatrisation. Pour éviter cela, on plâtre le membre ou on le fixe carrément avec des broches et des clous. Enfin, on doit mettre toutes les chances de son côté en veillant à renforcer la musculature avant de reprendre l'activité. Le tissu osseux n'est pas seul en cause dans la résistance des matériaux. Les muscles participent également. Il faut donc que cette musculature ait retrouvé toute sa force. Voilà qui explique pourquoi certaines blessures sont fatales aux uns et guérissent sans séquelles chez les autres.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 02/05/2006 - 00h00
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