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Suppléments en vitamine A : y a un os !

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le 11/11/2003 - 00h00
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La vitamine A est essentielle au bon fonctionnement de l'organisme. Un seul souci : si l'apport dépasse trop le besoin, elle fait plus de mal que de bien, notamment sur l'os.

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La vitamine A est une vitamine liposoluble (soluble dans les graisses), que l'on retrouve sous deux formes principales dans la nature : le rétinol dans les aliments gras d'origine animale et certains caroténoïdes (des pigments) dans les végétaux colorés en jaune-orange-rouge. Les caroténoïdes ne constituent pas la vitamine A en tant que telle, mais des précurseurs transformés dans le corps humain en rétinol, le principe actif.

Utile à petites doses

Le rôle de la vitamine A est précieux dans la croissance, la différenciation cellulaire, le système immunitaire, la reproduction et la vision. Comme l'organisme ne peut pas directement la synthétiser, il faut en fournir directement via l'alimentation, soit sous la forme active (rétinol), soit sous la forme de provitamine A (caroténoïdes). On ne peut pas la fabriquer, cependant, on peut la stocker dans le foie et c'est là que réside le principal danger… Si des quantités excessives sont apportées durant une période prolongée, l'organe est engorgé et le surplus de vitamine A gagne le sang où il exerce, à la longue, des effets secondaires (perte d'appétit, amaigrissement, douleur articulaire et osseuse…). C'est pour ces raisons que l'on déconseille depuis longtemps aux femmes en âge de procréer et aux petits enfants de prendre des suppléments massifs de vitamine A. La restriction pourrait cependant s'étendre aujourd'hui aux adultes d'âge mûr, au risque de ne pas faire de vieux os…

L'ostéoporose en point de mire

Pour les auteurs d'une récente étude scandinave, il est même capital de réévaluer les concentrations actuelles en vitamine A dans les suppléments et dans les aliments fortifiés disponibles dans les pays occidentaux. Le Dr Karl Michaelson et son équipe de l'Hôpital Universitaire d'Uppsala, en Suède, ont ainsi suivi pendant 30 ans 2.322 hommes âgés de 49 à 51 ans. Les hommes présentant les plus hauts taux sanguins de vitamine A au début de l'étude ont souffert de près de 2 fois plus de fractures que ceux ayant des taux sériques normaux. Pour la fracture de la hanche, le risque était même 2,5 fois plus important pour les concentrations sanguines les plus élevées en vitamine A. Cette étude suscite donc la réflexion, dans la mesure où elle a été réalisée chez l'homme, qui n'est pas la principale victime de l'ostéoporose…

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le 11/11/2003 - 00h00 Karl Michaelson et al. NEJM 2003;348:287-294:347-349
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