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Blog : " Le blog psy "

Sur la psychothérapie 4: donner du sens

Article créé le 17/10/2011 - 18h33 et mis à jour par Roland Pec, psychologue et somnologue le 17/10/2011 - 18h33
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Afin de tenter d’expliquer, avec le plus d’élégance et de justesse possible, la nature des processus névrotiques ainsi que le ressort de la démarche psychothérapeutique, je vous avais invités le mois passé à vous pencher sur un petit problème. Il s’agissait de relier les 9 points de la figure présentée, par 4 lignes droites, sans lever le stylo. La solution trône ci-dessus. Une anecdote permet d'aller plus loin…

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Watzlawick, la légendaire figure de l’école de Palo Alto, racontait une savoureuse anecdote au sujet d’un chien subitement frappé de "névrose". Notre thérapeute avait accepté de garder le chien du voisin toute une journée. Une fois son maître parti, le chien s’encourut dans le jardin, leva la patte, fit pipi et revint prestement en remuant joyeusement la queue. Quelques instants plus tard, rebelote: (petit) pipi dans le jardin, puis retour affairé vers le nouveau dog-sitter. Et ainsi de suite, avec frénésie, sans plus une goutte de pipi évidemment, levant la patte de façon grotesque, comme pris par un véritable TOC. Ce chien souffrait manifestement d’une névrose obsessionnelle! Quand Watzlawick parvint enfin à joindre le maître au téléphone, il apprit qu’il ne s’agissait-là que d’un jeu: immédiatement après avoir fait pipi, l’animal avait l’habitude de recevoir une écuelle de lait. Il n’en attendait donc pas moins de son nouveau maître. Et si ce dernier ne réagissait pas, c’est qu’il était long à la détente. Il fallait donc insister davantage!

 

Jamais le chien ne parvint à conclure qu’il devait sortir du cadre, remettre ses hypothèses en question et accepter le fait que son nouveau gardien ne connaissait pas le jeu. Que s’il voulait du lait, mieux valait aller japper près du frigo puis désigner la bouteille avec le museau…

 

C’est exactement à ce genre de situation que s’adresse la psychothérapie. Elle se propose d’aider le patient à prendre conscience du fait que ce dont il souffre est avant tout la vision qu’il se fait du monde. Que les comportements qui lui posent problème, qui le bloquent, découlent directement de cette vision. Et qu’il est donc souhaitable pour lui d’en changer.

 

Ces thérapies sont appelées herméneutiques, car elles visent à donner du sens - un petit supplément de sens - aux symptômes, à la souffrance morale. Au travers des lunettes thérapeutiques qui lui sont tendues, au travers de ces nouveaux prismes, le patient peut enfin attribuer d’autres significations, et d’autres directions - les deux sens du mot sens - à ce qui lui pose problème. Il est capable de sortir du cadre, ou plus exactement de remplacer le cadre pathogène par un autre, plus opératoire. Les thérapeutes familiaux parlent alors de recadrage.

 

Ce faisant, il est probable que, ainsi que vous le fûtes vous-même tout à l’heure, le patient soit comme frappé par un insight, une illumination.

 

Mais ce dont on peut être absolument assuré, c’est qu’il arrivera ainsi à retrouver un sentiment de dignité - lequel est toujours fortement écorné dans ce genre de situation.

 

Ce qui, en vérité, est le but ultime de toute thérapie.

 

Je vous invite à visiter mon site  www.rolandpec.org  (CHRONO SleepWell, "Nocturnes", etc.), ainsi qu'à vous inscrire à ma Newsletter mensuelle (chronique, etc.).

Billet initialement publié le 17/10/2011 - 18h33 et mis à jour par Roland Pec, psychologue et somnologue le 17/10/2011 - 18h33
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