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Vache folle et maladie humaine

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 03/12/2002 - 00h00
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La maladie de la vache folle a défrayé la chronique voici quelques mois mais si on en parle moins, elle n'a pas disparu pour autant.

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L'institut Scientifique de la Santé Publique (ISP) vient d'ailleurs de publier un rapport sur cette affection ainsi que sur la forme humaine de la maladie, la maladie de Creutzfeldt-Jakob nouveau variant (ou vCJD)…

Toujours présente

On aurait donc tort de penser que la maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine ou ESB) a disparu : rien que pour 2002, on a recensé 32 cas confirmés dans notre pays. Le rapport porte sur la période 1997-2000. Mais globalement les chiffres sont toujours valables d'année en année, en tout cas pour la Belgique. Précisons d'emblée qu'aucun cas humain de la maladie n'a été retrouvé. Quelques cas de maladie Creutzfeldt-Jakob ont été détectés mais ils n'avaient rien à voir avec l'ESB. De plus, le nombre de cas diminue partout, même en Grande-Bretagne. Il faut dire qu'avec l'épidémie de fièvre aphteuse, beaucoup de troupeaux ont été sacrifiés.

Rester vigilants

Cependant, tout en reconnaissant les progrès accomplis, les chercheurs de l'ISP veulent rester prudents. Il serait, selon eux, prématuré d'atténuer les mesures prises à l'égard de l'ESB. Les raisons sont multiples :

  • Il existe un lien entre l'ESB et la vCJD.
  • On ne peut pas exclure qu'une grande partie de la population ait été exposée.
  • L'une et l'autre maladies restent encore très méconnues.
  • Les produits dérivés d'origine bovine sont largement utilisés pour toutes sortes de biens consommables : cosmétiques, médicaments, alimentation,…
  • On ne peut pas exclure que la maladie soit transmissible par le sang.
C'est pourquoi l'ISP propose de :
  • considérer ces maladies comme un problème potentiel de santé publique ;
  • maintenir, voire renforcer, les mesures de surveillance ;
  • renforcer l'étude des cas et les échanges d'informations entre les pays concernés ;
  • continuer à développer des recommandations ;
  • encourager la recherche dans ce domaine.
Il ne faudrait pas oublier non plus les lecons à tirer de cette épidémie. Souvenons-nous que l'agent infectieux a pu se transmettre parce que l'on avait modifié le processus de fabrication des aliments pour bétail. C'est donc bien la modification d'un processus industriel qui est en cause. " L'environnement et la santé du public seront-ils un jour aussi importants que le profit ? " s'interrogeaient les auteurs du rapport…
Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 03/12/2002 - 00h00 Rapport annuel de la Comminssion CJD 2002-006. Pour le rapport complet en français : http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/cjdfr/rap00fr.pdf
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