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VDB et les kinés

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 02/03/2002 - 00h00
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Le ministre Vandenbroucke s'est senti obligé de répondre face aux interrogations angoissées de ses citoyens (et électeurs) à la suite des mesures prises envers le secteur de la kinésithérapie.

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Ainsi s'explique-t-il dans un long communiqué publié sur son site Web que l'on trouvera en référence. Il s'exprime tout d'abord sur les objectifs sous-tendus par une réduction des dépenses en soins de santé mais il précise qu'à l'heure actuelle rien n'a encore été décidé. Il ne s'agit que de propositions.

Le nombre de séances sera réduit à 18 pour les pathologies simples par pathologie, comme un blocage des vertèbres cervicales, par exemple. Au-delà de 18 séances, le taux de remboursement diminuera. Ainsi, le médecin traitant pourra prescrire deux fois 9 séances. Attention, ceci ne s'applique que dans les pathologies prises en charge en ambulatoire, chez le kinésithérapeute ou à la maison. Ceci ne concerne donc pas les traitements réalisés en milieu hospitalier, ni les programmes de rééducation fonctionnelle, ni les pathologies lourdes.

Si d'autres maladies surviennent durant l'année, le médecin-conseil de la mutualité peut encore autoriser 2 fois 18 séances au maximum.

Les pathologies lourdes ne rentrent pas en ligne de compte pour la limitation de ces séances, mais la liste, dite liste E, sera modifiée suivant les conseils d'un comité d'experts chargés de redéfinir cette liste. Actuellement, rien n'est décidé.

La kiné à l'hôpital sera " assouplie " en matière de remboursement, surtout après des traitements chirurgicaux. L'objectif est d'intégrer le coût de la kinésithérapie au prix par jour remboursé par l'assurance-maladie pour chaque jour d'hospitalisation

La kinésithérapie dite " de confort ", expression que réprouve le ministre, sera, on l'a compris, la grande perdante dans cette réforme puisque le ministre veut réduire le remboursement de " traitement n'ayant pas fait leurs preuves ".

La kinésithérapie périnatale paiera aussi les frais de la réforme puisque ce ne sont plus 15 mais 9 séances qui seront remboursées. La (jeune) future maman devra donc plus s'investir dans les exercices.

Les personnes âgées ne seront pas, par contre, défavorisées par le système puisque les techniques de " rééducation à la marche " seront comprises dans les prestations remboursables. L'accent est mis sur l'autonomie de celles-ci.

La durée d'une séance sera dès lors fixée à 30 minutes (dont 20 à s'occuper du patient) pour les " grandes " prestations et à 15 minutes (dont 10 pour le patient) pour les " petites " prestations

Le dossier Kiné est devenu obligatoire. Tout comme le médecin tient un dossier médical, le kiné est tenu de faire de même. Notons qu'il recevra des indemnités supplémentaires annuellement sur base forfaitaire.

Les tarifs demeurent inchangés ainsi que le ticket modérateur. Trop de kinés ! C'est la conclusion du ministre qui, si des mesures ne sont pas prises au sein des instances communautaires, se verra obligé de réduire avec la ministre Aelvoet, le nombre de kinés sur le marché… : par tirage au sort ? Il est possible que les mesures prises plus haut soient déjà dissuasives pour les étudiants…Tout comme les médecins, les kinésithérapeutes vont devoir payer le prix fort afin de réduire le déficit de la sécurité sociale ; l'avenir dira si cette réduction de prestations n'entraîne pas des surcoûts importants en termes d'invalidité et d'hospitalisations, au quel cas cela s'avérerait un bilan très négatif tant pour la santé publique que pour le budget. A suivre…

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 02/03/2002 - 00h00 Site du Ministre F Vandenbroucke : http://www.vandenbroucke.fgov.be
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