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Suicide en hausse en Flandre

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 28/01/2003 - 00h00
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Le suicide concerne tout le monde. Fin de l'année dernière, la ministre flamande de la Santé Publique, Mieke Vogels, réunissait à Anvers 900 personnes pour discuter de cette problématique.

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L'objectif était de réduire, en Flandre d'ici 2010, le taux annuel de suicides à 18/100.000 contre 19,6 actuellement. Sans intervention, les spécialistes ont estimé que l'augmentation que l'on connaît depuis quelques années ne pourrait que se poursuivre. Il serait plus élevé de 4% chez les hommes et de 6% chez les femmes, en 2010.

Coût et surcoût

Mais cette prévention a un coût non négligeable. On estime que pour éviter un suicide, il faut un budget de 100.000 euros. Pour cette année, Mieke Vogels dispose de 1,25 millions d'euros ; d'ici à 2010, le budget pour la prévention du suicide aura décuplé !Mais l'investissement en vaut la peine. Selon les statistiques relevées en 2000, il y a, en Flandre, un suicide toutes les 7 heures, soit 1174 par an. Si l'on s'intéresse aux tentatives de suicide, il y en a une toutes les 35 minutes !Rappelons que le suicide constitue la première cause de mortalité chez les hommes de 30 à 34 ans et représente 38% des décès pour cette tranche d'âge. Il est aussi en tête chez les quadragénaires masculins. Chez les femmes, il survient volontiers plus tard (35-39 ans) et cause 25% des décès.Mais il ne faudrait pas oublier que le taux de jeunes qui se suicident a, lui aussi, augmenté de manière vertigineuse. Ainsi, en 50 ans, il est passé de 8 à 18% chez les garcons et de 5 à 10% chez les filles. Il faut peut-être tempérer ces chiffres par le fait qu'auparavant, les tabous de la société empêchaient beaucoup de personnes de déclarer un suicide. N'empêche l'augmentation est bien présente.

7 points pour sauver la vie

La réduction du nombre de suicides constitue une priorité pour le gouvernement flamand. Mieke Vogels a d'ailleurs détaillé après cette journée de réflexion un programme en 7 points pouvant être mis en oeuvre à court terme :

  • Etablissement d'un code de déontologie pour les médias. Il paraît que divulguer trop d'informations sur le suicide, concernant le passage à l'acte, incite d'autres à se suicider.
  • Lancement d'une campagne visant à améliorer l'idée que se font les gens des soins de santé mentale. Apparemment, beaucoup de personnes dépressives refusent de se faire soigner en raison d'une image déplorable de la psychiatrie ou de la psychothérapie.
  • Lancement d'un site Web à destination des médecins généralistes. Ceux-ci sont souvent en première ligne face à un patient dépressif (suicidaire).
  • Prise en charge des familles et des proches de personnes qui se sont suicidées.
  • Création d'un " outil " de dépistage des personnes à risque.
  • Meilleure circulation de l'information entre les services d'urgences et les médecins de première ligne.
  • Lancement de projets-pilotes pour des discussions de groupe sur la dépression. Ce type de prise en charge permet de réduire le nombre de récidives.
Le suicide et la dépression constituent vraiment des problèmes de santé publique mais il faudra donc investir beaucoup plus que de l'argent pour les résoudre.
Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 28/01/2003 - 00h00 Conférence du 3-4/12/2002, Antwerpen
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